“Internet fait trace de la bruyante conversation des citoyens”

Les outils numériques que sont internet et les réseaux sociaux vont permettre aux militant-es les moins organisé-es et groupes périphériques de se saisir de ces opportunités pour militer. En effet, internet devient un espace adapté à la construction de nouvelles formes de mobilisations et d’engagement.

Les réseaux sociaux ont permis de démocratiser l’expressivité ordinaire pour la porter sur la place publique des opinions qu’est Internet, en tant qu’outil de propagation virale de messages politiques et informationnels. On peut citer comme exemple les hashtags sur Twitter qui permettent à tout un chacun de s’exprimer sur un sujet. Internet vient décloisonner un espace politico-médiatique clos sur lui-même, auparavant confisqué par les professionnels de la communication. Les réseaux sociaux rendent visible les discussions de la sociabilité ordinaire, désormais en contact direct avec la communication des professionnels

On assiste sur ces réseaux à de nombreuses polémiques qui ont déclenché un effet dit de « buzz » (nombreux commentaires et partages d’informations sur un sujet). Ces polémiques étaient d’autant plus notables qu’à plusieurs reprises, elles ont constitué une part très importante de la tweet-campagne globale d’une ville et que certaines controverses ne nous sont apparues que grâce à Twitter, les médias ne s’en étant pas toujours fait l’écho. Ainsi, l’outil Twitter se prête très bien à un usage polémique, parce qu’il est à la fois une technologie de l’affirmation de soi et de mobilisation sociale.

Prenons pour exemple le cas de la société générale qui a demandé au FN de clôturer ses comptes. Suite à cette annonce dans les médias traditionnels, un hashtag a été créé par des internautes sur Twitter #jequittelaSG pour afficher leur soutien à Marine Le Pen. Mais ce hashtag est également pour certain-es le lieu d’expression de leur opinion politique personnelle comme nous pouvons le constater sur cette image :

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https://twitter.com/hashtag/JeQuitteLaSG?src=tren&data_id=tweet%3A933318345327370240

Le premier Tweet s’oppose clairement à Marine Le Pen et au Front National tandis que le second exprime son soutien à cette dernière. Ces tweets ne sont qu’un infime échantillon des réactions que nous pouvons retrouver sur ce hashtag.

Il est également courant que des personnes créent des blogs pour exposer leurs idées et des théories politiques, sans se revendiquer d’aucun parti. On peut citer comme exemple le blog de Buffy Mars intitulé Tout est politique, où elle fait par à ses lecteurs et lectrices de ses réflexions libertaires et sur le féminisme. Cet article illustre parfaitement la prise de parole individuelle, mais politique, qui peut trouver une place sur internet : https://www.toutestpolitique.fr/2017/01/25/pourquoi-je-ne-vote-pas-et-pourquoi-vos-arguments-anti-absentionnistes-me-font-vraiment-chier/
Ainsi internet semble-t-il offrir aux internautes un espace d’expression où chacun-e peut faire valoir ses opinions politiques personnelles, sans pour autant se rattacher à un parti ou une organisation militante. Ce qui était auparavant de l’ordre des conversations privées entre ami-e-s ou famille, devient public.

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